Quiberon a toujours eu une résonance particulière pour moi. J’y ai passé de nombreux étés avec mes parents puis ma grand-mère jusqu’à l’âge de dix ans. Après cela, je n’y suis plus retournée pendant des années, jusqu’à mes 25 ans puis, jusqu’à cette fois-ci. Après tous ces étés et ces souvenirs accumulés, je commence à avoir pas mal de choses à raconter sur ce petit coin sauvage situé dans le Morbihan.

La presque-île de Quiberon c’est : des plages, des criques, des kilomètres de côtes, des sentiers de randonnées et des îles à quelques encablures en bateau. En bref, Quiberon est un petit paradis pour les amoureux de nature et d’air iodé !

CAP EN BRETAGNE | ESCAPADE À QUIBERON, NOS IMMANQUABLES ET NOS BONNES ADRESSES

Entourée par l’Océan Atlantique, il fût une époque où Quiberon était une île. Aujourd’hui reliée au continent par un petit bras de terre, on lui confère logiquement le nom de presqu’île. Nous y sommes arrivés après 5h30 de voiture depuis la région parisienne. Le petit bras de terre dont je vous parle au-dessus, est l’isthme de Penthièvre; Il se trouve après la ville de Plouharnel et une fois passé sur celui-ci vous foulerez enfin le sol presqu’îlien, entre baie et côte sauvage.

1/ PROMENADE LE LONG DE LA CÔTE SAUVAGE

Les nombreux parkings gratuits le long de la côte sauvage incitent à prendre la voiture et relier les points principaux sans trop se fatiguer. Si vous nous connaissez un peu, il est évident que l’on ne vous encouragera pas à prendre votre voiture mais plutôt à enfiler de bonnes chaussures et à vous balader à pied, en empruntant le sentier aménagé et balisé.

Le GR34 également appelé le sentier des douaniers était emprunté autrefois par les douaniers pour lutter contre la contrebande. Cette grande randonnée parcourt l’ensemble du littoral breton et passe immanquablement par Quiberon.

Nous vous conseillons de démarrer votre promenade au niveau du Château Turpault. Il se trouve à la pointe de Beg-er-Lann et a été construit en 1904 par Georges Turpault, filateur à Cholet. Ce château m’a toujours fait rêver au point d’imaginer, durant de longues années, qu’une princesse y habitait. La magie de l’enfance… En réalité, j’ai l’impression qu’il a toujours été inhabité. Aussi loin que je me souvienne, je n’y ai jamais aperçu quelconque forme de vie. Il a été mis en vente durant 4 ans avant d’être restauré récemment par son actuel propriétaire. Une chose est sûre, que ce soit à 7, 10 ou 32 ans, ce château, qui ne se visite malheureusement pas, est toujours aussi époustouflant. Les jours de tempête, les vagues viennent s’écraser sur les fenêtres du troisième étage. Sacré spectacle !

2 kilomètres plus loin, toujours en longeant la côte, vous tomberez sur des mégalithes dont « Le Bonnet d’Évêque » qui a une forme de coeur, avant de faire face à un restaurant à l’apparence un peu « austère » et pourtant… Si vous avez la chance d’avoir une table dehors, je vous conseille une bonne moules frites à déguster face à la mer. Le cadre est tout simplement exceptionnel. Le restaurant le Vivier est immanquable lors d’une venue à Quiberon mais victime de son succès, il est souvent plein et les réservations à l’avance ne sont possibles que pour les tables à l’intérieur. En haute saison, votre seule chance d’avoir une table à l’extérieur est d’arriver avant l’ouverture. Bien évidemment, la terrasse est fermée les jours de pluie.

Si d’extérieur son apparence semble simple, c’est parce qu’avant d’être un restaurant il s’agissait de la maison du gardien du vivier. Lequel vivier, mis en service en 1937, pouvait stocker entre 10 000 à 20 000 crustacés avant leur expédition.

Pour la suite du parcours, il suffit de suivre le sentier et ne pas hésiter à s’approcher des falaises quand les aménagements le permettent (et l’autorisent) et que la mer est calme.

Au fil de votre balade, vous découvrirez une côte découpée par la mer où se cachent une multitude de petites criques accessibles à marée basse, et où se dressent d’impressionnantes formations rocheuses.

Petite liste des points de vue à ne pas manquer :

  • Le Château Turpault
  • Le Trou du Souffleur

Du bruit qui sort de là quand vient Novembre, les gens ne peuvent plus dormir

La petite paroisse d’ALPHONSE DAUDET

Malheureusement plus aucun son ne sort du trou depuis que la falaise s’est écroulée.

Le Trou du Souffleur
  • Rocher la Truie : le rocher évoque le groin d’un cochon. En contrebas, d’autres rochers plus petits sont appelés cochonnets. Un dicton y est associé : « si l’on entend le bruit de l’eau à la Truie, c’est signe de tempête ».
  • Plage de Port-Bara : le spot de prédilection des surfeurs confirmés, qu’il pleuve, qu’il vente, ils sont toujours de la partie !
  • L’Arche de Port Blanc : cette arche naturelle formée par l’érosion est l’un des symboles de Quiberon. Quand j’étais petite, il était possible d’aller dessus tout comme de descendre sur la petite plage qui se dévoile à marée basse. Menacée d’effondrement à cause de l’érosion, l’accès à ces deux spots est aujourd’hui interdit et parfaitement signifié par des panneaux. Ces panneaux bien visibles n’empêchent pas certains d’y accéder quand même. Le spot autorisé est pourtant suffisant pour admirer la beauté de l’arche et de son cadre.
l’Arche de Port Blanc

2/ OÙ ADMIRER LEVERS ET COUCHERS DE SOLEIL ?

Je ne sais pas vous, mais nous, on ne se lasse pas des levers et couchers de soleil où que l’on soit dans le monde. Il s’en dégage une lumière douce, dorée, rosée et orangée vivifiante. Par contre, je vous avoue que ce sont les couchers de soleil qui l’emportent à notre compteur. La raison est très simple : pour assister au lever du soleil, il faut soi-même se lever tôt et c’est la partie un peu compliquée ! Mais pour ce séjour à Quiberon, nous y sommes arrivés !

Pour le lever de soleil, nous vous conseillons la Pointe du Conguel au Sud de Quiberon. Jetez un oeil à l’heure de lever la veille, et allez-y 15 minutes avant pour profiter pleinement de cette belle heure dorée.

Pour le coucher de soleil nous vous conseillons de vous poster entre l’Arche de Port Blanc et la Pointe du Percho. Pour plus de tranquillité, trouver un spot entre ces deux endroits semble être un bon compromis.

Parenthèse coup de gueule

Je profite de cette partie pour vous sensibiliser, au travers d’une anecdote, sur l’habitat des espèces qui vivent sur notre littoral et donc ici-même, sur la Côte Sauvage.

J’étais assise exactement à l’endroit où je suis sur la photo de droite (ci-dessus), j’ai eu une idée de cadrage, je l’ai dite à Franck, me suis levée et me suis précipitée vers l’endroit repéré. Après quelques pas, j’ai vu un petit oiseau paniqué en train de courir dans tous les sens en piaillant vers une direction en particulier. Je me suis arrêtée net et j’ai aperçu ces minuscules gravelots à collier. Ils étaient tellement petits que j’aurais pu les écraser dans ma précipitation mais en se comportant de cette manière, la maman m’a mis la puce à l’oreille.

La zone où nous étions n’était pas interdite comme peuvent l’être certaines pour cause de nidification, de préservation ou encore de restauration de l’écosystème. Mais il faut croire que la maman gravelot y avait élu domicile pour pondre et couver trois des deux « petites crottes » tétanisées que vous voyez sur la photo.

Après s’être renseignés sur internet mais également auprès de ma Maman qui est incollable sur tout ce qui touche Quiberon, nous avons appris que : la maman gravelot utilise deux techniques en cas de danger. La première consiste à créer une diversion en faisant croire à une aile cassée. La seconde, celle à laquelle nous avons assisté, consiste à ordonner à ses petits, via un cri particulier, de se coucher et de ne plus bouger. C’est exactement ce qu’ils ont fait.

Ayant perçu la panique et le dérangement que nous causions à cette famille, nous nous sommes éloignés instantanément et les petits ont rejoint leur maman qui les a couvé immédiatement.

Alors oui, même si cela était involontaire et rapide, nous les avons dérangés. Tout comme les touristes qui s’amusent à empiler les galets de manière à former de jolis monticules. Et bien sachez que cette pratique amusante est un fléau et que les conséquences sur nos côtes sont désastreuses, tant pour l’écosystème que pour les espèces qui y vivent et notamment les oiseaux. Les villes touchées par cette mode des pyramides de galets nous invitent d’ailleurs à les détruite et à replacer les galets dans leur position naturelle. Leur présence peut sembler anodine mais en réalité, Ils servent de barrière à la mer, à l’érosion et d’habitat aux oiseaux ce qui favorise la reproduction. Pensez-y…

3/ ESCALE GOURMANDE

Si vous êtes au régime ou bien que vous faites attention à votre ligne, sachez qu’il sera compliqué de ne pas revenir de Quiberon avec quelques kilos en plus. Les tentations sont nombreuses alors je vous propose un petit tour d’horizon des adresses testées et bien entendu, approuvées.

Où manger une bonne crêpe ? Au Nord de la presqu’île, à Portivy dans la crêperie Avel Mor. Les crêpes traditionnelles sont excellentes et les quelques tables proches des fenêtres offrent une belle vue sur la mer. Nous vous conseillons d’aller y dîner, au moment du coucher du soleil. Mais attention, la crêperie est très prisée, ils ne prennent pas de réservation à l’avance et les horaires particuliers font qu’il est difficile d’avoir une table. À titre d’exemple, nous sommes arrivés, la personne à pris notre numéro de téléphone, nous sommes allés faire un tour dans le port et avons reçu un appel nous informant que notre table était prête, 45 minutes plus tard. Malgré la qualité des crêpes, nous avons trouvé le temps et le service un peu long mais rappelons aussi que nous y étions pendant les grandes vacances…

Où manger de bons petits plats de la mer ? Le Bar de la Marine est situé juste en face la criée de Quiberon et propose des plats autour du poisson. Nous avons opté tous les deux pour un plat du jour : langoustines et pavé de cabillaud. Tout est cuisiné à la commande et absolument délicieux. La prochaine fois nous testerons les moules au curry.

Faire un pique-nique : un immense marché s’installe sur la place principale tous les samedis durant l’été. On y trouve plein de spécialités de la région mais aussi du Sud de la France (je pense aux olives par exemple). Il y a largement de quoi faire un super pique-nique au bord de la Grande Plage qui se trouve à 100 mètres à peine du marché.

Où manger quelques gourmandises locales de qualité ? Attention, kilos en vue mais plaisir en bouche ! La réputation et le savoir-faire depuis 5 générations, de la Maison Riguidel n’est plus à faire. Leur Far breton, qu’il soit nature, aux raisins ou aux pruneaux fond dans la bouche. Et que dire du Kouign-amann ? Un gâteau pur beurre, une bouchée et t’es calé ! Mais c’est si bon… Et l’avantage de la beurrée Riguidel, c’est sa conservation : 10 jours sans problème. Un seul bémol concernant l’hygiène lors de notre venue : nous avons été choqués de constater que les serveuses qui sont également caissières ne portent pas de gants pour servir les gâteaux et qu’elles encaissent pièces et billets à mains nues également.

Sachez par ailleurs que Riguidel n’est pas le seul endroit à proposer ces spécialités régionales alors n’hésitez pas à pousser les portes des autres boulangeries pour y trouver ces petits trésors régionaux.

Les niniches de la Maison d’Armorine : quand j’étais petite, je ne passais pas une seule soirée sans manger ma niniche chaude. Une niniche, kézaco ? C’est une sucette, tout simplement. Tous les étés à 21h la machine à niniches se met en route et après quelques secondes il en ressort une sucette tiède qui rend complètement accro. Si vous n’êtes pas sur place pendant l’été sachez qu’il y a pléthore de parfums, comme une sorte de collection permanente disponible toute l’année, alors vous y trouverez forcément votre bonheur.

4/ LE PORT DE PORTIVY

Au-delà de sa bonne crêperie, cet ancien port et village de pêcheurs est aujourd’hui un lieu propice à la détente. S’installer en terrasse pour boire un verre, se balader dans ses ruelles fleuris et tortueuses ou, simplement s’asseoir sur la jetée et admirer le soleil se coucher délicatement à l’horizon est un vrai remède au stress.

Durant ce séjour, nous avons pris le bateau pour nous rendre en face, sur l’île d’Hoëdic. Une escapade au coeur de la nature qui se fait très facilement, le temps d’une belle journée. Pour plus d’informations, je vous invite à lire l’article du blog consacré à cette journée.

Il est rare que nous visitions notre belle France mais, conscients de ce que nous manquons, nous commençons tout doucement à y remédier. Même si Quiberon n’était pas une première pour nous, ces quelques jours nous ont permis de redécouvrir sa beauté sauvage tout en profitant comme il se doit de ses spécialités locales. On espère vraiment que cet article vous inspirera et vous donnera envie d’aller y faire un tour.

Retrouvez notre séjour sur Instagram, sur le feed et en Story ! @lesoiseauxvoyageurs

IMG_1139   Auteur : Alisson

2 commentaires

  1. Une escapade plus vraie que nature !
    Nous entendons au loin les goélands et la mer…

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