J’avais onze ans lorsque je suis allée au Canada pour la première fois. C’était en hiver, avec mes parents. J’en avais gardé un merveilleux souvenir malgré le froid. C’est durant ce voyage que j’ai entendu parler de l’été indien et du manteau multicolore dont se parent les forêts canadiennes. Le guide nous parlait de l’automne comme étant la meilleure période pour se rendre au Canada. Cela fait un bout de temps maintenant; mais ses mots sont restés dans ma mémoire et ce voyage au Canada, pendant l’automne, allait se faire un jour. Dans ma tête, c’était gravé.

Parmi nos voyages cette année, ce road-trip au Canada pendant l’automne, était le seul que nous avions programmé depuis l’an dernier. Dans cet article je vous propose de découvrir notre itinéraire de 11 jours, dans l’Est Canadien, pendant la dernière étincelle de l’été.

Au programme de ce voyage : nature, randonnées, canot mais aussi hébergements insolites ou encore rencontre avec les ours et les baleines. Le tout dans une explosion de couleurs irréelles.

CANADA | ROAD-TRIP DE 11 JOURS AU QUÉBEC, NOTRE ITINÉRAIRE AUX COULEURS DE L’ÉTÉ INDIEN

CANADA CARNET PRATIQUE

Notre voyage : du 3 au 14 octobre 2019
Durée de vol de Paris à Montréal : 7h40
Faut-il un visa ? oui, c’est le visa du voyageur. La demande se fait en ligne sur le site canada.ca
Monnaie : Dollar Canadien
Prises électriques : adaptateur nécessaire
Hébergement : s’y prendre à l’avance, la période est très prisée
Location de voiture à Montréal au meilleur prix

QUAND PARTIR AU CANADA PENDANT L’AUTOMNE ?

La période des couleurs a lieu plus ou moins au même moment chaque année mais dépend néanmoins d’un certain nombre de facteurs naturels sur lesquels nous n’avons bien entendu, pas la main. La meilleure période s’étendrait de fin septembre à fin octobre avec un pic de coloration lors des deux premières semaines d’octobre. Il se dit que nulle autre forêt au monde ne se colore de manière aussi intense que les forêts canadiennes. Pour faire bref car ce n’est pas notre domaine, ce phénomène de pigmentation des feuilles s’explique par le raccourcissement des journées à l’approche de l’hiver et donc, au manque de lumière captée par les arbres.

Je vous conseille de jeter un oeil au site quebecoriginal.com qui propose une carte interactive de l’évolution des couleurs automnales par région. Car oui, d’une région à l’autre, l’avancée n’est pas la même. Et pire encore, d’un côté de la route à l’autre, les couleurs peuvent être totalement différentes. C’est incroyable !

JOUR 1, 2 & 3 | MONTRÉAL

Un vent glacial nous a portés dans les rues de Montréal durant 2 jours et demi. Nous avons découvert une ville cosmopolite, dynamique où se mêlent cafés, restaurants, boutiques en tous genres, art de rue et j’en passe. Je vous propose de découvrir cette ville au travers un autre article sur le blog : Que faire et que voir à Montréal en 2 jours ? Vous pourrez y faire le plein d’idées grâce à notre liste d’incontournables dont nous vous proposons un avant- goût avec ces quelques photos :

JOUR 3 | MONTRÉAL –> LES LAURENTIDES

C’est à la fin de la troisième journée que commence notre road-trip. Après avoir récupéré notre voiture de location à Montréal, nous nous dirigeons vers notre première étape : la lisière du Parc national du Mont-Tremblant dans la région des Laurentides. Dès la sortie de la ville nous sommes émerveillés par le spectacle des couleurs qui durera tout le temps de notre trajet. Après 1h40 de voiture, nous atteignons la ville de La Conception où se trouve notre gîte pour les deux prochaines nuits : Les Jardins de l’Achillée Millefeuille.

Nous avons été tellement charmés par cet hébergement que nous lui avons consacré un article. Claude et Monique sont les heureux propriétaires de ce petit paradis qu’ils ont monté de toutes pièces il y a 27 ans. L’histoire a commencé par l’achat d’un champ abandonné puis par la plantation de 3000 arbres. Ce que l’on a particulièrement apprécié lors de notre séjour ici, c’est l’accueil puis le souci du détail présent partout, des chambres aux petits déjeuners. Un vrai coup de coeur pour ce lieu irrésistible.

JOUR 4 | LA JOLIE RANDONNÉE DE LA MONTAGNE VERTE DANS LES LAURENTIDES

Les choses sérieuses commencent réellement en ce jour 4. Nous sommes à 15 minutes du gîte en voiture, dans le Parc du Mont-Tremblant, dans la région des Laurentides, dans la municipalité de Labelle. Labelle… Un nom qui annonce la couleur, non ?

Nous nous lançons dans notre première randonnée, le sentier de la Montagne verte qui forme une boucle de 5 km. 5 km, c’est pas si long mais ça grimpe pas mal et nos cuissots s’en souviennent encore ! Un petit effort physique est donc nécessaire mais amplement récompensé par la beauté de la randonnée. À commencer par le sentier. Escarpé, dans les sous-bois déjà bien recouverts de feuilles colorées. Il y a aussi les nombreux caps de roches que l’on foule de temps à autre et qui, bien souvent, nous mènent à des points de vue époustouflants.

COURTE HALTE À LA STATION AU PIED DU MONT-TREMBLANT

Vous voyez Disneyland ? Et bien ici, c’est un peu l’équivalent. Certes le tout forme quelque chose de mignon mais qui, avec l’afflux de touristes qui arrivent par cars entiers, en perd tout son charme. Un endroit aux antipodes de ce que l’on vient chercher au Canada à savoir les grands espaces et la nature. Il a fallu vraiment ruser pour avoir quelques belles photos sans personne dessus. Lorsqu’on est à côté, pourquoi pas ? un petit tour et puis s’en va !

OÙ MANGER AUX ALENTOURS ?

Il y a un resto-pub sympa à une dizaine de kilomètres du gîte. Deux cartes sont proposées : une élaborée pour ce qu’ils appellent la table d’hôte et une qui propose une restauration plus rapide et moins coûteuse et qui plus est, délicieuse. Rendez-vous au resto-pub Au Coin dans Mont-Tremblant Village.

JOUR 5 | ESCAPADE EN CANOT SUR LA RIVIÈRE ROUGE

Faire du canot sur une rivière au Canada. Voilà quelque chose que nous avions en tête depuis un moment déjà et que nous avons pu réaliser grâce à Pause Plein Air. Pause Plein Air propose des balades en canot ou en kayak de 6, 12 ou 24 km. Pour nous, c’était 12… et c’était déjà bien suffisant, surtout quand on est incapables de se coordonner et de ramer de la même manière avec la même puissance. Au final, les 12 km se sont certainement transformés en une quinzaine tellement on a zigzagué. Mais quelle merveille, nous étions seuls avec les canards, à descendre cette rivière Rouge. Tout au long du parcours il y a des plages et bien sûr, à cette époque de l’année, des arbres aux couleurs de l’automne, qui se reflètent dans l’eau. Une bien jolie balade avec un petit bémol néanmoins : la route ne passant pas très loin, le bruit des voitures se fait entendre quasiment tout au long du parcours.

OBSERVER LES OURS AVEC UN GUIDE AVANT LEUR HIBERNATION

Pour tenter d’observer les ours, nous avons fait appel à Eric qui propose des sorties d’observation depuis 1994. Son hôtel et point d’observation des ours, Les Berges du Saint-Maurice se trouvent à Saint-Jean-des-Piles. Lorsque nous l’avons contacté avant de partir, il nous avait prévenu qu’il était tard dans la saison et qu’il était fort probable que les ours aient déjà commencé leur hibernation.

Nous avons tout de même décidé de tenter notre chance et à peine arrivés sur le site : un ours. Un mâle, un gros mâle et certainement le mâle le plus vieux de la région. On constate immédiatement qu’il n’est pas tout jeune à sa façon d’avancer et à son poil peu soyeux.

Pour cette sortie, c’est Noémie la fille d’Éric qui nous a accompagnés. Elle nous a expliqué l’histoire de cet ours que son père voit dans les parages depuis plus de 15 ans. Ils estiment qu’il aurait une vingtaine d’années. L’année précédente, Eric est Noémie pensaient qu’il ne ressortirait pas de sa tanière au printemps et finalement, il est revenu. Mais vu son état actuel, il est certain qu’il n’en ressortira pas au printemps prochain.

On se considère chanceux d’avoir vu un ours noir malgré la période d’hibernation commencée. Mais d’un côté, l’avoir vu lui n’est pas si étonnant. Je m’explique : vu son âge, son corps affaibli et son métabolisme ralenti, ce vieil ours ne peut plus parcourir de longues distances pour chercher de la nourriture. Chez Éric, ou du moins, au point d’observation, il y a des oeufs. Les ours raffolent des oeufs. Mais également une pâte qu’Éric dépose sur les arbres et que les ours se font une joie de lécher pendant des heures. Cet endroit est donc une source d’alimentation facile pour ce vieil ours qui n’a pas beaucoup d’efforts à fournir pour se nourrir.

Cet ours, sans doute moins impressionnant qu’un jeune mâle en pleine croissance nous a tout de même fascinés pendant 2h. Les explications de Noémie étaient parfaites et complètes. À présent, nous sommes presque incollables sur le sujet !

JOUR 6 | SURVOLER LE PARC DE LA MAURICIE EN HYDRAVION

Ce jour-là, l’excitation est à son comble. Nous ne sommes jamais montés dans un hydravion, le temps est radieux et les couleurs des arbres à leur apogée. Autrement dit, le survol s’annonce mémorable.

La compagnie hydravion Aventure Inc propose différentes formules dont le vol panoramique de 40 minutes que nous avons choisi. Le pilote, fort sympathique, fait chauffer le moteur de l’hydravion sur la rivière Saint-Maurice pendant dix minutes avant d’accélérer franchement et se lancer dans les airs. Que le spectacle commence.

D’en haut, le panorama est irréel et tellement différent d’un endroit à l’autre. Tantôt les tons sont chauds tantôt beaucoup plus vifs, il y a des lacs à droite, des lacs à gauche, des lacs en face. On en prend plein la vue et on remercie dame nature d’être aussi belle.

L’INCONTOURNABLE RANDONNÉE DANS LE PARC DE LA MAURICIE

Avant le survol du parc en hydravion, nous n’avions toujours pas élu la randonnée qui allait occuper le reste de notre journée. C’est pendant le vol qu’on a choisi de randonner autour du lac Solitaire, en le voyant depuis les airs. De là-haut, le lieu était si beau, si apaisant que c’était trop tentant !

Le sentier du lac Solitaire n’est pas un sentier facile. La boucle n’est pas longue mais ça grimpe beaucoup, surtout dans la première partie. Mieux vaut avoir un minimum de condition physique car mollets, cuisses et cardio travaillent beaucoup.

Distance : 5,5 km – Durée : 2h30 à 3h – Dénivelé : 443 mètres

Sachez quand même qu’elle est faisable même pour un sportif du dimanche. Le temps sera simplement rallongé. Il serait dommage de louper cette randonnée considérée comme l’une des plus belles du parc et on comprend pourquoi.

JOUR 7 | VISITE DE LA VILLE DE QUÉBEC ET PASSAGE PAR LA CHUTE DE MONTMORENCY

La ville de Québec existe depuis 1608 et est le berceau de l’Amérique francophone. Le français est la langue maternelle pour près de 7 millions de personnes. Elle est située sur les rives du fleuve Saint-Laurent et elle doit son nom à l’embouchure du fleuve puisqu’en algonquin Kébec signifie « là où le fleuve se rétrécit ».

J’avais un seul souvenir de Québec : son imposant château de Frontenac qui surplombe le Saint-Laurent. J’étais donc super impatiente de le revoir 20 ans après mais un peu déçue de l’admirer enveloppé d’échafaudages car en cours de restauration.

Pour cette journée à Québec City, je vous propose notre itinéraire de visite point par point, dans l’ordre exact :

Le château de Frontenac : cet hôtel accueille les voyageurs depuis son ouverture en 1893. Il surplombe le fleuve Saint-Laurent et la jolie promenade Dufferin.

La rue du Petit-Champlain : un passé sombre pour cette rue piétonne très animée, pleine de charme et qui regorge de boutiques artisanales. Dire qu’elle a failli être transformée en parking géant il y a quelques années.

Le vieux Québec : le quartier de la ville que j’ai préféré. C’est au fil des ruelles pavées, à travers une balade ponctuée de points d’intérêts et de spots historiques, que l’on découvre l’histoire de Québec City.

La rue Saint-Jean : on trouve ici une grande concentration de boutiques et de restaurants. Mentions spéciale pour le Magasin Général P.L. Blouin, une boutique originale qui mêle le vieux et l’ancien. Il y en a partout, du sol au plafond en passant par les murs.

La maison de la littérature : un endroit sur lequel nous sommes tombés par hasard. La visite de la bibliothèque est gratuite. L’odeur du bois, l’odeur des livres, une vieille bibliothèque envoutante où le bois craque sous nos pas. Avant d’être un lieu culturel, elle a été l’une des premières prisons du Canada, entre 1808 et 1813.

La Promenade Dufferin : une promenade agréable sur un large ponton en bois, dominé par le château de Frontenac et située le long du fleuve Saint-Laurent.

Déjeuner dans le parc des Champs-de-bataille : après une bonne matinée de marche nous nous sommes accordés une pause sympathique au niveau de la promenade des Gouverneurs. Il y a des bancs, une vue dégagée sur le Saint-Laurent… Que demander de plus ?

Le parc Jeanne d’Arc : un joli petit parc qui côtoie de belles maisons et qui, à l’approche d’Halloween, était décoré pour l’occasion.

La bibliothèque Claire-Martin rue Saint-Jean : certainement l’originalité du jour. C’est en redescendant la rue Saint-Jean que nous sommes tombés sur cette église qui abrite aujourd’hui une bibliothèque.

Hormis le château, je n’avais plus de souvenirs de cette ville dans laquelle je suis venue il y a 20 ans. Nos impressions le temps d’une journée c’est que Québec est une ville agréable où il fait bon vivre. Il y a beaucoup de choses à faire et notre journée a suffit à voir le principal, à tâter l’ambiance, à déambuler dans les rues sans se presser. En plus, ce jour-là, le soleil brillait de mille feux. Ce fût une journée d’automne magnifique.

ESCALE À LA CHUTE DE MONTMORENCY

Même si cette chute n’est pas la plus impressionnante que l’on ait eu la chance d’admirer, elle mérite qu’on s’y attarde ne serait-ce que parce qu’elle se trouve à 15 minutes de la ville de Québec et qu’elle dépasse de 30 mètres les chutes du Niagara !

JOUR 8 | SENTIER LE CAP ROUGE, UNE RANDONNÉE AGRÉABLE DANS LA BELLE RÉGION DE CHARLEVOIX

Voilà une randonnée dont on parle peu et sur laquelle on ne tombe pas forcément lorsque l’on cherche des sentiers de randonnée dans la région. Le sentier du Cap Rouge se trouve à Charlevoix, dans la ville de Saint-Tite-des-Caps.

La randonnée est courte et de niveau moyen. Les chemins sont assez plats avec quelques ascensions. Par endroits ils sont si peu débroussaillés qu’ils nous plongent littéralement dans ce monde enchanté qu’est la forêt. Durant cette randonnée, y a 4 points de vue à ne pas manquer avec une mention particulière pour le premier, au début du sentier. Le troisième est plus difficilement accessible puisqu’il faut grimper une pente assez raide avant de tomber sur un escalier avec des marches plutôt hautes elles aussi. Mais l’ascension vaut vraiment le coup. C’est d’ailleurs à ce niveau, avec un panorama de folie sur le fleuve, que nous avons pique-niqué.

Distance : boucle de 5,3 km – Durée : 2h30 

PASSER LA NUIT DANS UNE CABANE AU MILIEU DE LA FORÊT

En préparant notre voyage, nous avions en tête de dormir dans un endroit insolite avec une préférence pour une jolie petite cabane en pleine forêt. Nous avons trouvé notre bonheur au Repère Boréal, un hôtel éco-responsable qui propose de dormir dans des cabanes isolées à droite à gauche sur plusieurs hectares de forêt. Nous avions réservé l’une de leurs cabanes Maïkan qui en Innu, un peuple autochtone de la région, signifie « loup ». La Maïkan est une cabane minuscule avec un lit immense et ultra douillet ainsi qu’une kitchenette équipée du nécessaire pour se concocter des petits plats simples. Les sanitaires, très propres et super designs se trouvent dans un bloc commun, à 30 mètres de la cabane.

L’autre particularité de cette chouette cabane, c’est sa fenêtre ou plutôt, sa baie vitrée face au lit, qui va du sol au plafond et dont la vue nous plonge directement dans la forêt. Un peu flippant à la nuit tombée d’ailleurs ! La cerise sur le gâteau, c’est la zone spa, elle aussi au milieu des bois. On y pénètre et on a le choix entre prendre un bain chaud (35°) dans l’un des 6 jacuzzis ou s’enfermer dans le sauna ou pourquoi pas l’un puis l’autre !

Un concept sympa, une jolie cabane, une très bonne nuit. Seul bémol, le prix. La nuit n’est pas donnée, ce qui est normal, le lieu est beau, insolite et écolo. En revanche, à ce prix on espère un niveau de prestations plus élevé. Ici, tout est en supplément : 4$ pour le thé, idem pour le café, 7$ pour louer un peignoir ou encore 8,50$ les quelques bûches pour faire un feu. Ah oui, avant de partir, il faut faire sa vaisselle soi-même. Aucun problème à faire la vaisselle, vraiment… Mais au prix de la nuit, ça surprend un peu !

JOUR 9 | MATINÉE D’OBSERVATION DES BALEINES EN ZODIAC SUR LE FLEUVE SAINT-LAURENT

Cette année fut grandiose en matière d’observation des baleines. Au mois de mars, nous observions les baleines bleues au Sri Lanka. C’était la première fois que l’on voyait des baleines en vrai. Quelques mois plus tard, c’est ici, à Baie-Sainte-Catherine, que nous avons renouvelé l’expérience. 

Aml Croisière propose d’observer les baleines depuis un bateau classique mais également à bord d’un zodiac. Vous vous doutez bien que le zodiac a retenu notre attention : il est bien plus rapide qu’un bateau et va donc beaucoup plus loin. Nous vous conseillons de réserver vos tickets à l’avance car les places pour le zodiac sont limitées et se vendent comme des petits pains. Deuxième conseil : habillez-vous chaudement ! On perd entre 10 et 15° entre le quai et le point d’observation. Bien qu’Aml nous prête manteau et pantalon imperméables, nous vous conseillons de prendre un bonnet, un tour de cou et mettre deux paires de chaussettes ! Surtout à cette période, en octobre, où l’on avance lentement vers le rude hiver canadien. 

On en vient à ce moment… Pour cette sortie, j’espérais voir ne serait-ce qu’une baleine. Mais ce jour-là, sous un grand soleil, le destin en a décidé autrement. L’émerveillement a commencé après 10 minutes de navigation, lorsque nous avons croisé au loin, une team de bélouga. Le bélouga est une espèce menacée dont il est interdit de s’approcher. Quelques minutes après, un petit rorqual puis s’en est suivi un festival de baleines… C’était incroyable, magique, les mots me manquent et je ne peux vous transmettre nos émotions.

Pour que vous vous rendiez compte de ce que l’on a vu et vécu, en chiffres, ça donne ça : 50 baleines. Parmi elles, 13 baleines à bosse, le plus gros mammifère vivant sur terre, puis une vingtaine de rorquals communs, le deuxième plus gros mammifère vivant sur terre et autant de petits rorquals. Au moment de repartir, après 1h15, comme pour nous dire au revoir, nous avons assisté au ballet des baleines. Elles étaient 8 côte à côte, face à nous. Elles plongeaient à tour de rôle, remontaient, soufflaient et replongeaient. Ça n’en finissait plus. Même notre guide naturaliste n’en revenait pas. Elle nous a précisé que ce jour-là, l’observation fût exceptionnelle. D’une part, la migration vers les caraïbes pour la reproduction avait commencé et donc, en voir autant à cette période était un fait inhabituel. D’autre part, que 8 baleines nagent côte à côte est un phénomène qui ne se produit jamais. Les baleines avancent seules sauf au moment de la reproduction. Or, le Saint-Laurent est un garde-manger, elles viennent ici uniquement pour se nourrir et non pour se reproduire. Alors allez savoir ce qu’il s’est passé ce jour-là… On peut dire le karma était là !

DÉJEUNER ET BALADE À TADOUSSAC

C’est dans ce village de 800 habitants, où il a fait – 48 l’hiver dernier, que nous avons passé le reste de notre journée. L’été, Tadoussac est pris d’assaut par les vacanciers mais à cette période, c’est très paisible et s’y balader est un pur bonheur. Pour commencer, attirés par la devanture rose bonbon du Gibard, on s’y est arrêtés pour déjeuner. La carte est basique, le choix pas énorme mais ce qu’on a mangé était bon et dans un joli cadre, face au fleuve.

Puis, nous sommes allés visiter le Poste de traite Chauvin situé à 200 mètres du restaurant. Il s’agit d’une réplique du premier établissement de la Nouvelle-France bâti en 1600 où se sont rencontrés pour la première fois les Européens, les Amérindiens et les Innus pour le commerce de la fourrure. Au départ, nous y sommes allés sans grande conviction puis, la personne de l’accueil nous a introduit la visite en nous donnant un tas d’explications sur l’origine du poste de traite, sur les peuples, les négociations etc… Elle nous a captivés dès les premières secondes.

Une visite ludique et intéressante où l’on peut même toucher les fourrures de castor, de loup, d’ours et de toutes les autres espèces présentes dans le musée ayant joué un rôle important dans le commerce de l’époque.

Avant que le débat ne s’ouvre sur les sujets sensibles que sont la chasse et la fourrure, sachez que nous sommes contre la chasse et le commerce lié. En revanche, voyager au Canada nous apprend que la chasse est un loisir courant, utile et très encadré par les autorités. Par ailleurs, les fourrures que l’on trouve au poste de traite sont issues du recyclage et/ou de la trappe qui est autorisée à certaines périodes de l’année afin de réguler la population de plusieurs espèces.

À titre d’exemple, pendant la période de chasse à l’ours noir, 100 ours sont abattus par jour (1 ours par permis de chasse et par an) et malgré cela, la population des ours noirs au Canada continue d’augmenter. Cette régulation est donc nécessaire afin d’éviter les débordements dans les villes. Amoureux des animaux et contre la chasse à 200%, nous pouvons malgré tout l’entendre. La chasse est nécessaire pour la régulation de certaines espèces et est ultra encadrée. Nous nous sommes renseignés sur cet aspect, les règles sont respectées car les peines encourues en cas de manquement sont radicales.

Puis, c’est vers la Petite Chapelle au toit rouge que nous nous sommes dirigés. Elle est tellement mignonne ! Elle fait face au Saint-Laurent et une fois à l’intérieur, on se croirait dans la cale retournée d’un bateau en bois. Elle a été construite en 1747 ce qui en fait la plus vieille église d’Amérique du Nord.

Pour terminer cette échappée belle à Tadoussac, nous sommes allés acheter des chocolats directement chez le chocolatier, dans le sous-sol de sa maison avant d’aller les manger sur un banc le long du sentier de la Pointe-de-l’Islet. Une jolie promenade de 900 mètres au bord du Saint-Laurent, à l’embouchure du fjord.

Tadoussac est un endroit à ne manquer sous aucun prétexte si vous venez dans le coin pour observer les baleines. Vous y accéderez avec votre voiture en prenant le ferry qui relie Baie-Sainte-Catherine à Tadoussac. La fréquence des ferries est régulière et la traversée gratuite.

JOUR 10 | RANDONNÉE DU SCOTORA DANS LE PARC DE LA JACQUES-CARTIER

La randonnée du Scotora marque la fin de notre séjour au Québec. Le départ du sentier est situé au kilomètre 30, soit à 20 km du centre d’informations du parc. Prévoyez au moins 45 minutes pour parcourir la distance en voiture sur un chemin qui rapidement, n’est plus goudronné et devient parsemé de nids de poules

Distance : 16 km – Durée : 3h50 – Dénivelé : 708 mètres 

Cette randonnée est assez longue mais ne présente pas spécialement de difficultés. Ça grimpe sur la première moitié du sentier et cela devient plus plat, plus doux sur la deuxième portion. Le chemin n’est pas technique, à part sur la fin où il faut se frayer un passage au milieu de cailloux avant de toucher au but. Ouvrez l’oeil, à partir du 3 ème kilomètre, on commence à voir des barrages de castors le long des rivières. Uniquement les barrages pour nous mais peut-être aurez-vous plus de chance ? Les castors s’activent en début et fin de journée, le reste du temps, ils dorment. À en voir leurs prouesses de construction, on comprend qu’ils aient besoin de recharger leur batterie !

Je vous conseille de prendre votre pique-nique et de profiter du magnifique panorama qu’on a depuis le sommet du mont-Andante à 809 mètres de hauteur. Bonne nouvelle, après la pause casse-croûte, majoritairement en descente, le retour se fait beaucoup plus rapidement !

La randonnée du Scotora est une belle randonnée qui alterne chemins boisés, montées et descentes. Elle permet de traverser et d’admirer une grande variété de paysages (forêt, cascades, chemins sablonneux, lacs…) et la vue au sommet est complètement dingue. Une longue randonnée dont les efforts sont amplement récompensés.

JOUR 11 | RETOUR À MONTRÉAL

Notre séjour se termine là où il a commencé, à Montréal. Nous y avons passé une nouvelle journée, sous un temps ensoleillé cette fois. Juste le temps d’y faire quelques emplettes et de nous balader sur la promenade du vieux port. Nous vous parlons davantage de Montréal ici. Vous y trouverez nos immanquables et bonnes adresses à découvrir sur 2 ou 3 jours.

Budget pour 2 personnes du 3 au 14 octobre 2019 (hors repas, dépenses personnelles et location de voiture)

Billet d’avion : 715€ avec Air Transat
10 nuits d’hôtel : 770€
Observation des ours : 70€
Survol en Hydravion : 171€
Observation des baleines : 129€
Prix de l’entrée des parcs Nationaux : 12€
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Ce road-trip au Canada pendant l’automne s’annonçait merveilleux… Et il l’a été. Les paysages, la nature grandiose, la gentillesse des Canadiens, les animaux sauvages, l’histoire du pays, la facilité à visiter cette région et bien sûr, les couleurs de saison. Comment ne pas revenir complètement dingue de la région de Québec ? Nous nous sommes d’ailleurs fait la remarque que ce voyage était passé à une vitesse incroyable, comme tous nos voyages, mais puissance 2. On ne sait l’expliquer mais ce qui est certain, c’est qu’il nous a donné envie d’explorer d’autres contrées canadiennes !

IMG_1139   Auteur : Alisson

2 commentaires

  1. Magnifique article et quelles belles photos avec des couleurs d’automne incroyables !

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